De façon générale, les avions lents auront une épaisseur plus grande que les avions de ligne, ou les avions supersoniques (avions de chasse) : les profils épais ont une grande portance, mais aussi une grande traînée. Pour un avion très rapide, un coefficient de portance moyen peut être compensé par une grande vitesse, mais une traînée trop forte serait trop coûteuse en énergie.

Les avions de ligne, compte tenu de leur masse (300 tonnes pour un Boeing 747) devront donc atteindre une forte vitesse au décollage, ce qui se fait sur une longue distance (environ 3 km). Pour les avions de chasse, leur masse est beaucoup plus faible (16 tonnes pour un mirage F1) et leur puissance de propulsion élevée ; le décollage se fera sur une distance plus courte (500 m en moyenne). Les avions de type Cessna ont une bonne portance, un poids faible (une tonne environ), et une petite vitesse ; ils décolleront donc sur une distance courte (environ 300 m). 

Si on exprime le rapport de l’épaisseur sur la corde e/l, on a :

 

          • e/l < 6 % : profil mince de l’avion de chasse 
          • 6 % < e/l < 12 % : profil semi-épais de l’avion de ligne 
          • e/l ≥ 12 % : avion de tourisme à basse vitesse

 

Les ailes d’avions lents ont plutôt un profil asymétrique (voir "les caractéristiques d'une aile"), avec l’extrados bombé et l’intrados plutôt plat, pour assurer une portance suffisante, mais au prix d’une traînée assez forte. Les avions plus rapides peuvent utiliser des ailes symétriques.

Il faut noter qu’un profil d’aile est conçu pour la vitesse de croisière de l’avion, en vol palier. A forte vitesse, le coefficient de portance (voir chapitre suivant) peut être « bas ». Mais il faut pouvoir aussi maintenir l’avion en vol dans les phases de décollage et d’atterrissage, qui se font à plus basse vitesse. C’est pourquoi, en pratique, dans la plupart des avions et même les avions de tourisme, il existe des systèmes appelés hypersustentateurs. Ce sont des volets mobiles placés au bord de fuite, ou des becs placés au bord d’attaque. Ils sont actionnés par le pilote et permettent de jouer sur le profil de l’aile et sa surface, et ainsi sur la portance et la traînée. Nous n’aborderons pas cet aspect.